« My faith has gone away » chante Vincent dans l’un de ces premiers morceaux dévoilés par le groupe. Nous sommes plongé d’emblée dans un univers où la mélancolie et la nostalgie sont omniprésentes. Et si le nom évoque un road-movie de David Lynch c’est bien parce que la musique du groupe a aussi des air de B.O.. Le groupe nous emmène dans un voyage aux confins d’un désert mémorial peuplé de souvenirs d’enfants et d’angoisses de jeunes adultes. Les deux têtes pensantes de Lula Fortune, Vincent Jacob (Death By the Sin) et Davy Portela (Pleymo), se sont retrouvés autour de ces éternelles questions qui nous assaillent au sortir de l’adolescence. Ce folk-pop mâtiné de deuils et de regrets s’inscrit dans la droite ligne d’Elliott Smith ou de Neil Young. Nous découvrons une facette jusque là cachée de Davy et Vincent, qui au sein de leur autres combos respectifs n’ont pu explorer ces univers mélodiques décharnés. La rage laisse ici place à l’introspection. Lula Fortune s’annonce comme le témoignage d’une génération qui après avoir connu la colère des années 90, aborde ce nouveau siècle avec candeur et lucidité, en tentant inlassablement de préserver la trace de l’authenticité de l’enfance.